Traditionnellement, la Technique Alexander est enseignée en séances individuelles. Toutefois, il est possible de transmettre ces principes fondamentaux lors d’ateliers en petits groupes. Je trouve ces deux approches complémentaires et très stimulantes pour l’intégration des outils au quotidien et l’autonomie plus rapide des élèves.

Une séance de Technique Alexander c’est d’abord une rencontre, un rendez-vous avec soi. C’est aussi et surtout une histoire d’écoute. Bien que nous ayons tous une structure physique extrêmement similaire, l’usage que chacun en fait est distinct, singulier, fonction de son histoire, et de la vision de soi et du monde qui lui est propre. De même chaque personne qui rencontre la Technique, à un moment de sa vie, le fera, mû par des motivations particulières.

Il n’existe pas d’exercice type en Technique Alexander, il s’agit plutôt de procédures en collaboration avec la personne en présence, concernant ses difficultés, ses problématiques ou ses questionnements.

Le professeur prend donc contact avec la qualité d’équilibre et d’organisation spécifique de l’élève. A travers un toucher subtil, combiné à des directives verbales, il l’accompagne dans des mouvements quotidiens (s’assoir, se lever, se pencher, marcher, attraper un objet) ou plus spécifiques (jouer d’un instrument, danser, ou encore n’importe quel mouvement pouvant être support au travail). Une partie de la leçon peut également se dérouler allongé sur une table de travail ou sur un tapis de sol. 

Les instructions du professeur sont communiquées par son toucher et son discours - fruits de son expérience et de sa propre intégration - pour permettre à l’élève de donner à son expérience une dimension à la fois kinesthésique et psychique. Les directions proposées par le professeur permettent à l’élève de devenir conscient des restrictions qu’il impose à son mouvement ; en les défaisant, des possibilités d’équilibre et de mobilité réapparaissent.

En moyenne une séance dure une heure. Il existe autant de façons d’enseigner la technique Alexander que de professeurs, mais il s’agira toujours de prendre conscience d’habitudes d’organisation inadéquates qui, une fois interrompues, laissent le champ libre à des possibilités « oubliées » comme à des potentiels d’apprentissage. En apprenant à faire le pas hors du cercle de l’habitude, pour nous ouvrir à l’expérimentation, nous favorisons l’intégration de repères personnels établis sur la multiplicité des expériences qui viennent alimenter notre précieux système d’appréciation sensorielle - système d’appréciation de nos expériences - qui s’ajuste et s’actualise continuellement avec la qualité de notre usage. Dès lors que notre usage s’améliore, notre système d’appréciation de la réalité devient plus fiable. Mais pour parvenir à changer notre usage, il est nécessaire d’emprunter de nouvelles voies, en supplantant un guidage uniquement sensoriel par un guidage en toute conscience. D’où le guidage par un contrôle constructif conscient proposé par FM Alexander. D’un point de vue pratique, c’est se donner les moyens de choisir comment faire ce que je veux faire au moment de le faire, c’est à dire notre capacité de choix et de transformation qui peut nous conduire à un réel changement.

 

Description des trois cadres de pratique ou situations d’apprentissage de l’équilibre général utilisés par la plupart des professeurs de la Technique Alexander.

1. Le travail debout/assis

Il s’agit de développer une conscience de soi en équilibre et en mouvement pour cesser d’interférer avec notre organisation comme un tout. Soit en statique, assis ou debout, soit en dynamique, en s’asseyant ou en se levant - deux des mouvements les plus caractéristiques de l’activité humaine. Nous avons tendance (mauvaise habitude) à solliciter une quantité considérable d’efforts musculaires dont les contractions tendent systématiquement à raccourcir notre torse selon un schéma qui nous est propre, par exemple : tirer la tête vers l’arrière et vers le bas en nous cambrant exagérément(fermeture du dos) ou nous arrondir en avant en avachissant la poitrine vers l’avant et le bas, et/ou s’appuyer sur le bassin en poussant les hanches en avant et en verrouillant les genoux en arrière, etc... et nous expérimentons tous, que ces habitudes ont des conséquences préjudiciables sur notre organisme, plus particulièrement sur notre colonne vertébrale et la santé de notre dos. Nous expérimentons qu’elles sont toutes indissociables d’une manière d’être au monde qui caractérise chacun et qui nous est propre. Tout en le démontrant, chaque leçon ouvre un chemin de découverte pour dépasser nos conditionnements.

L’élève et le professeur travaillent ensemble à préserver un état d’allongement, d’ouverture et de dynamisme quel que soit le mouvement effectué dans l’activité abordée. La force des habitudes posturales et mentales de l’élève est telle qu’il n’a que rarement conscience de celles-ci. Le regard du professeur - ou éventuellement d’autres élèves - lors de ce processus est donc très important pour apporter un retour objectif qui puisse être comparé avec l’expérience subjective de l’élève. Il développe alors une perception mieux ajustée de ce qu’il fait ou qu’il ne fait pas. Ce qui l’amènera progressivement à pouvoir choisir comment faire ce qu’il veut faire au moment de le faire avec plus de justesse, de plasticité et d’efficacité. Nous privilégions l’activité de s’asseoir et de se lever car elle sollicite de façon simple et claire la personne dans sa globalité, depuis ses intentions de mouvement et d’organisation, en passant par une certaine relation entre la tête, le cou et le dos, expression de sa verticalité, ou encore sa maîtrise du passage de la flexion à l’extension. Elle stimule ainsi ses capacités d’adaptation et développe ses moyens d’apprentissage. De plus c’est un geste que nous faisons plus de cinquante fois par jour, nul besoin d’un décorum ou d’une ambiance particulière. L’application est immédiate et continue. Malgré ce dépouillement, les propositions de travail sont nombreuses et s’adressent à l’ensemble des coordinations : se baisser, s’accroupir, lever un bras,s’enrouler, se dérouler, aller sur la pointe des pieds, se tourner, prendre un objet etc... c’est à dire, tout le répertoire des gestes humains. Le professeur dispose de l’une ou l’autre procédure selon ce qu’il observe, en fonction de la situation, et des demandes de l’élève.

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2. Le travail allongé

Le travail allongéSelon le but recherché et les moyens à mettre en place, il s’utilise après ou avant la pratique sur chaise. Lors de ce travail, l’élève est allongé sur le dos, jambes repliées, genoux vers le plafond et pieds au sol. Cette position d’avantage mécanique permet la prise de conscience des différentes parties entre elles, organisées comme un tout, en intégrant la force de la gravité comme celles des supports externe et interne. L’élève peut alors clairement distinguer son activité attentionnelle de son activité de repos physique pour les éprouver sous forme de Le travail allongémouvement - orientations spatiales ou présence au monde pour l’attention et ajustements sensibles qui en découlent pour la régulation tonique - et les coordonner (les ordonner ensemble), à travers les directions qui sous-tendent la stabilité de cet équilibre. Le plein contact avec le support (table ou tapis de sol) permet une meilleure conscience de toute la longueur et la largeur du dos, d’en établir des liens logiques, et d’en intégrer les principales orientations. Il ne s’agit en rien d’une relaxation mais d’un repos en activité. L’élève apprend à rester calme (non-réactivité) tout en s’envoyant des messages directifs (pensée en activité) qui soutiennent un état tonique d’expansion. Plus le travail avance, plus les directives s’affinent.

3.Le travail en activité

On retrouve les mêmes préoccupations que lors du travail debout/assis dans des activités de la vie quotidienne ou professionnelle : marcher, courir,sauter, monter/descendre un escalier, travailler derrière un ordinateur, porter une charge, bricoler, jardiner, parler, chanter, jouer d’un instrument, danser, conduire, écrire, etc. La nécessité d’un déplacement spatial, la sollicitation extérieure et surtout l’idée d’un objectif à atteindre sont autant de facteurs qui augmentent la pression pour l’élève. Quand l’élève perd la conscience de lui-même en mouvement, il se trouve happé par l’engagement physique ou l’investissement émotionnel. Sous l’œil, les mains et les paroles du professeur, l’élève, attentif à lui-même autant qu’à la qualité de sa tâche, fait l’expérience d’une présence ouverte à son environnement. Peu à peu, cette qualité de présence et d’ouverture au moment présent s’intègre au quotidien et participe à la stabilité de son équilibre comme à la fluidité de son potentiel d’adaptation. A travers ses expériences, il s’émancipe de sa dépendance aux conditionnements, et devient capable d’intégrer de nouveaux repères qui permettent un meilleur niveau de coordination et de fonctionnement, et par voie de conséquence, une amélioration de ses performances.

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Combien de leçons sont nécessaires ? C’est variable avec les personnes, mais en général, il faudra compter environ 6 à 8 leçons avant de pouvoir commencer à intégrer les principes de la Technique, profiter des bienfaits des leçons sur le long terme et commencer à les mettre en application dans des activités simples. Bien que l’amélioration des conditions d’équilibre soient immédiatement perceptibles à la première leçon, se défaire de mauvaises habitudes requiert du temps, et surtout une participation consciente et active. Le professeur n’offre pas par son toucher une action miracle mais un enseignement qui demande constance et persévérance. Dans une période de notre évolution constituée principalement par le changement et l’instabilité, la rapidité et la superficialité, si nous ne voulons pas exploser en vol (burn out, TMS, dépression, cancers...etc, perte d’équilibre général !) il nous est plus que jamais nécessaire de trouver et de développer un centre de stabilité en soi pour s’y poser, s’y reposer, et à partir duquel prendre les décisions pour s’orienter, orienter ses actions et sa communication de manière constructive et fluide.

« Le temps est l’essence de ce travail. »
« Dans l’esprit de l’Homme réside sa capacité à gouverner les circonstances de sa vie. » FM Alexander.

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Ateliers de groupe et stages

Ils offrent un chemin d’expérimentation et de découverte pour les clés d’une auto-régulation de (l’usage de) soi.

Association Au Fil de Soi

7 rue Jean Achard
33230 Abzac

Siret : 423 383 256 00025

Gilles Estran

Danseur

Formateur : Alexander Technique International

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