La Technique Alexander est une pédagogie basée sur des principes fondamentaux :

1 - la Reconnaissance de la Force de l’habitude

Le propos de chaque leçon et de chaque procédure est une démonstration, pratique et en activité, expérimentée par chaque élève, de son niveau de réactivité (réponse automatique et non contrôlée) face à un stimulus donné ou reçu. C’est ce niveau de réactivité (récurant et subconscient) qui est responsable de la fossilisation de nos habitudes posturales et mentales qui affectent insensiblement mais irrémédiablement la qualité de notre coordination générale et nos capacités d’apprentissage. Bien qu’il soit facile et rapide d’en faire la démonstration, il est par contre moins facile et beaucoup plus long de parvenir à contrôler ce niveau de réactivité. Faut-il encore savoir comment nous faisons ce que nous faisons au moment où nous le faisons !

2 - l’Inhibition cognitive ou le non-faire

Sans une solide éducation dans la pratique de l’inhibition - la capacité de contrôle de la réaction humaine - et de son développement dans les différents champs de l’activité humaine, il nous serait impossible de surmonter la première étape. Pour le cerveau, inhiber c’est agir. Et dans l’exécution de nos mouvements volontaires, c’est la possibilité de laisser émerger de nouvelles stratégies de mouvement en ne se précipitant pas dans les automatismes. Inhiber , c’est ouvrir de nouvelles voies, de nouvelles possibilités, c’est créer.

"Beaucoup de personnes sont prises dans le piège des habitudes inconscientes. Elles ne peuvent pas s’en échapper parce qu’elles ne perçoivent pas ce qu’elles font, aussi bien que comment elles le font. La Technique Alexander ouvre une fenêtre sur la petite aire connue entre stimulus et réponse… Ce qui permet un processus organique de changement qui graduellement remplace les vieilles habitudes rigides… Cela vous donne la connaissance personnelle dont vous avez besoin pour changer la tendance de votre réponse."

Professeur Frank Pierce Jones, Chercheur en psychologie à Tufts University.

3 - l’Appréciation sensorielle non-fiable

Le fait de baser nos activités en général et le contrôle de nos mouvements volontaires en particulier sur la seule appréciation sensorielle nous confine et nous maintient dans le cercle vicieux de l’habitude (nous faisons toujours appel aux sensations connues, intimement liées à notre façon de nous utiliser habituelle). Sans aide extérieure et sans capacité sérieuse pour établir un usage de soi raisonné (basé sur la logique mais perçu comme faux parce qu’inhabituel) nous continuerions à tourner en rond. Grâce à la capacité de l’inhibition cognitive (pensée et langage intérieur) nous pouvons faire le pas hors du cercle de l’habitude (en ne réagissant pas de la manière habituelle qui, chaque fois, nous éloigne de la réalité présente) nous pouvons découvrir, puis développer, de nouvelles manières de faire, de répondre et de nous organiser qui nous redonnent des capacités de choix. Cesser d’être victime d’illusions sensorielles et grâce à une appréciation plus fiable (mieux nous fonctionnons plus elle est fiable) et des informations sensorielles plus fines, mieux ajuster ses choix et reprendre confiance en soi.

"Ainsi le problème qui nous confronte consiste à trouver un moyen par lequel une appréciation sensorielle fiable peut être développée et maintenue à travers tout l’organisme, et la base de mon argument est que, dans l’éducation comme dans la rééducation, ce développement d’une appréciation sensorielle fiable doit provenir , dans tous les cas, de la confiance de l’individu, non en une gouverne et un contrôle subconscients, mais bien en une gouverne et un contrôle conscients et raisonnés ."

FM Alexander "Vers un contrôle constructif conscient de l’individu" 1923

4 - les Directions d’orientation

Ce sont les ordres de guidage raisonnés (établis de manière logique) qui permettent d’établir un meilleur usage de soi, d’élever son niveau de coordination et d’améliorer son fonctionnement. C’est à ce niveau que nous sommes amenés à revoir et à préciser nos conceptions sur nous-même comme sur notre environnement. Ce passage du guidage subconscient (activité instinctive ou psychique inférieure) au guidage conscient (activité psychique supérieure) permet à chacun de s’établir dans un contrôle constructif conscient , but et démarche de la Technique Alexander.

5 - le Contrôle Primaire de la personne

Sur le plan physique c’est une relation d’avantage mécanique qui se manifeste à travers une relation posturale dynamique et spécifique, d’une part entre la tête, le cou et le dos (relation préservée consciemment) et d’autre part avec l’ensemble des parties, qui va déterminer la qualité tonique générale de l’organisme au moment de l’action (réponse ou dialogue tonique).

Sur le plan psychique, l’attention est au centre du processus de sélection consciente . L’inhibition cognitive devient une procédure incontournable pour améliorer et soutenir l’attention consciente qui se révèle être un puissant outil de libération de la pensée nécessaire pour co-ordonner les directions d’orientation (déploiement d’une pensée multiple).

A travers ce changement de repères intimes en soi et dans la relation à son environnement l’élève, comme l’étudiant, effectue, au fil des leçons et des séminaires, le passage d’une gouverne et d’un guidage subconscient à une gouverne et un guidage conscient.

L’un après l’autre et tous ensemble : le changement de Gouverne

La coordination c’est la capacité de passer d’une rigidité obligatoire (tout premier stade de l’apprentissage, exemples : écrire ou conduire) à, premièrement, une incorporation de l’ensemble des degrés de liberté (espaces articulaires et pensée multiple), et deuxièmement, à une utilisation de cette liberté.

C’est comment je peux programmer l’organisme en totalité pour tirer pleinement parti des forces en présence. Ce n’est plus physique du tout, c’est ma représentation du monde qui va orienter ma relation au monde : l’information que je donne devient fondamentale. Ce n’est plus seulement la position : est-ce que je me tiens bien ? suis-je assez musclé ? le dos bien droit ? etc... c’est comment je comprends, je projette, je dirige : les directions, c’est fondamental !

L’appréciation sensorielle est au centre de la coordination qui est un système complexe. Il nous faut absolument préparer la périphérie (s’assurer la vigilance de tous les musiciens de notre grand orchestre) à la réception des informations sur les forces externes et réactives. C’est le rôle du Contrôle Primaire (Chef d’orchestre) dont les Directives sont diffusées par le Tonus (unité symphonique) à travers tout le corps, expression de l’Etre mélodieux.

Ainsi, l’attention est au centre du processus de sélection consciente.

A propos de l’Inhibition :

« Le cerveau fonctionne par contrôle et inhibition plus que par commande. Tout bouge à l'intérieur du corps, même les muscles bougent avant qu'ils ne soient innervés. (...) Ce serait trop compliqué pour l'organisme de se mettre en branle sans cette activité fluctuante déjà en route. Donc, la construction d'un mouvement se fait majoritairement par le contrôle de collectifs d'unités motrices et non par le contrôle de muscles individuels. Ce collectif est lié par un pacte temporaire (une coordination) qui sera revu en fonction d'un changement dans le contexte, c'est une structure dissipatrice. Au-delà du muscle, le cerveau contrôle des assemblées de neurones déjà en mouvement qui sont plus ou moins fermement reliés, et travaille à l'orchestration de leur fonction.

Bien souvent, ces assemblées transitoires perdent de leur plasticité, et se reproduisent à mauvais escient, d'où l'importante fonction de l'inhibition. Ce qui va dans le sens de Matthias Alexander (…) J'ai beaucoup utilisé cette notion en repérant, par exemple, chez quelqu'un ses habitudes de pré-mouvement, ces micro-ajustements que chacun fait à son insu avant de bouger, comme un rituel (la force de l’habitude). Cette lecture, pas toujours facile, et très liée à chaque individu, permet ensuite de demander l'inhibition de ce geste particulier. Il peut aussi, dans ce pré-mouvement, s'agir d'une habitude de perception, d'une manière de regarder l'espace avant de bouger. Si la personne réussit cette inhibition, il y a à chaque fois une formidable ouverture vers de nouveaux gestes, de nouvelles coordinations. »

Hubert Godard "Des trous noirs"

Association Au Fil de Soi

7 rue Jean Achard
33230 Abzac

Siret : 423 383 256 00025

Gilles Estran

Danseur

Formateur : Alexander Technique International

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